[ Note de lecture ]
Bernard Quiriny, L'angoisse de la première phrase et Contes carnivores
Imaginaire débridé, humour dévastateur, et langue parfaite : voici ce que Bernard Quiriny met en œuvre dans deux recueils de nouvelles qui sont aussi réjouissantes à l’œil et à l’oreille qu’à l’esprit.  Avec une auto-dérision gourmande lorsqu’il se masque sous les traits d’un écrivain brillant et burlesque – Pierre Goulde – Quiriny construit, dans L’angoisse de la première phrase, autant de nouvelles qui démontent, se faisant, le processus d’écriture. Il y a un peu de Borgès dans ces fictions spéculaires… Dans Contes carnivores, c’est un étrange bestiaire qui prend forme, versant au besoin vers les pentes fantastiques. Une beauté à peler comme une orange,  une enfant réincarnant le diable en personne, un botaniste amoureux de sa plante carnivore,  une communauté  qui se délecte en esthètes des marées noires… Nouvelles ciselées, comme de parfaits mécanismes d’horlogers, réglés à la seconde… De véritables gourmandises (et disponibles en poche) que nous propose cet écrivain facétieux, bourré de talent …